Art : L’évolution des représentations féminines

représentation feminine

Bonjour les amis,

:)

Bien qu’ayant peu de culture en la matière, l’art est un domaine qui me passionne. La place et les représentations de la femme dans la société m’ont toujours questionné. A vrai dire,  je me pose de nombreuses questions sur la féminité, le féminisme, qu’est-ce qu’être femme ? Mais aujourd’hui je me demande : Comment l’image féminine a t-elle évolué ? J’ai donc envie de vous parler de l’évolution des représentations féminines dans les arts visuels. J’ai constaté que le XIXe siècle est une époque charnière à ce sujet. Je me suis donc focalisée sur ce siècle. J’ai décidé de partager avec vous mes recherches. En toute simplicité. J’espère que ça vous plaira et que vous allez apprendre des choses (tout comme j’ai appris au cours de ces recherches). Pardonnez-moi par avance si cet écrit est scolaire. Je vais tenter de vous garder éveillés ! 

Pour mieux comprendre cette évolution, il me faut vous parler du contexte historique du XIXe siècle. En France se suivent en un siècle sept régimes politiques (trois monarchies, deux républiques et deux empires) mais, parallèlement, malgré cette instabilité la France se développe sur un plan industriel, social et économique. L’histoire des arts est fortement inspirée des faits historiques. Les faits historiques du XIXe siècle trouvent leurs racines dans la révolution française de 1789, nous retrouvons donc des idées révolutionnaires dans les œuvres de cette période. Deux idéaux se font face à cette période, l’idéal conservateur (néo-classicisme) et l’idéal progressiste (romantisme et réalisme). Va alors apparaître un nouveau courant, l’individualisme qui regroupe, entre autres, le symbolisme et l’impressionnisme. Ce courant veut affirmer la place de l’individu dans l’art. L’art devient alors de moins en moins imprégné du religieux (ce qui s’explique par une diminution du pouvoir religieux et monarchique au niveau politique). De nouvelles idées sont véhiculées dans les œuvres d’art (Delacroix, La liberté guidant le peuple,1830). Parfois même s’opère un transfert, le symbolisme bascule alors dans des représentations de scènes de vie quotidienne (Daumier, Le fardeau, 1850-1853). Cette multiplicité des courants artistiques va donner naissance, durant la seconde moitié du siècle, à l’art moderne.

« La  liberté guidant le peuple » a pour objet la femme comme figure allégorique. Cette oeuvre de Delacroix est imprégnée de son contexte historique. Elle représente la liberté comme le titre de l’oeuvre l’indique, mais à l’époque de sa réalisation la France n’était pas une république comme l’on peut le penser. Elle était un royaume. Cette oeuvre est donc celle d’une autre époque, la date indiquée sur le tableau est celle de 1830.

la liberté quidant le peuple Delacroix

La liberté guidant le peuple, 1830, Delacroix

On note la présence de personnages typiques de l’époque comme l’ouvrier manufacturier ainsi que le travailleur à la journée en blouse bleue. De même, les codes vestimentaires vont dans ce sens, le chapeau haut-de-forme est un accessoire apparu dans les années 1820-1830. Un autre fait culturel est à noter, l’enfant de Paris représenté sur le tableau est celui qui a inspiré le personnage de Gavroche dans l’oeuvre de Victor Hugo se déroulant elle-même dans les années 1830. Un détail de l’image nous informe plus précisément encore sur le contexte; le drapeau français placé au sommet de la cathédrale Notre-Dame de Paris en fond. Cette date est celle du 28 juillet 1830. Suite à la défaite de Napoléon rn 1815, la monarchie française est restaurée. Charles X à la tête de la France impose la censure de la presse le 28 juillet 1830, s’en suit la révolte du peuple parisien au cours de trois journées nommées « les trois glorieuses ». Ce tableau représente donc une révolution tombée dans l’oubli et non la fameuse révolution de 1789. 

La composition de l’oeuvre est singulière puisqu’elle présente une femme dominant au sommet d’une composition pyramidale. Elle est le point de convergence des regards des hommes qu’elle domine. Cette oeuvre présente ainsi, la situation improbable d’une femme à moitié nue au milieu d’un combat. Les courbes serpentines de son corps sont drapées ce qui nous ramène aux codes esthétiques des statuaires antiques. Son visage est représenté de profil comme désaxé. Le nuage de fumée qui l’entoure, le fait ressortir et produit l’effet d’une auréole divine. Elle est coiffée du bonnet frigien qui est le symbole de l’émancipation. C’est la titre même de l’oeuvre qui nous informe sur l’identité de cette femme, « La Liberté » indique qu’il ne s’agit pas d’un personnage réel mais d’une allégorie.

A l’époque, cette oeuvre fait polémique. Le peuple critique la vulgarité du personnage central qui apparaît seins nus, sale, peu gracieux. Ces réactions négatives s’expliquent par le fait que les allégories étaient auparavant représentées comme un idéal. Elles étaient des déesses qui s’adressent aux Hommes sans jamais se mêler au peuple comme le représente Jean-Joseph Taillasson dans son oeuvre « La Liberté ramenant au Peuple la Justice ».

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« La Liberté ramenant au Peuple la Justice » Jean-Joseph Taillasson

Dans l’oeuvre de Delacroix, l’allégorie est représentée comme le guide vulgaire du « bas peuple ». Ici réside l’ambiguïté de l’oeuvre, nous pouvons alors nous demander s’il s’agit d’un éloge ou d’une caricature de la démocratie.

Trente années plus tard, « Le déjeuner sur l’herbe » (1862–1863) de Manet fait débat.

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« Le déjeuner sur l’herbe » (1862–1863) Manet

Tout comme le tableau de Delacroix, l’actualité de l’oeuvre fait mouche. Le peintre confronte, en effet, les canons de beauté antique au réalisme. On ne représente plus la déesse ou l’allégorie mais une « vraie » femme. Ils’agit d’une personne ayant existé: Victorine Meurent. La transposition de la nudité dans l’actualité fait réellement horreur à l’époque. Cette peinture provoque un scandale, le tableau est refusé dans de nombreuses expositions car le traitement du sujet est vu comme scandaleux. On assiste ainsi à une représentation de la femme en pleine évolution. La femme n’est plus un objet symbolique qui véhicule des valeurs comme l’allégorie mais elle devient un sujet à part entière.

L’évolution industrielle qui a lieu durant le XIXe siècle fait de l’affiche un moyen de communication majeur. Elle peut être utilisée comme moyen d’expression, mais aussi comme atout économique pour vendre un produit, pour vanter un événement. Les artistes Toulouse-Lautrec et Alphonse Mucha, pour ne citer qu’eux, gagnent en notoriété en proposant des affiches faisant la promotion d’événements et de produits. Ces deux artistes présentent des femmes magnifiées, il ne s’agit plus d’allégorie. Mucha va s’efforcer de mettre en avant le sens du décoratif et du motif dans le but de provoquer la vente du produit présenté. Il s’agit de proposer une représentation de la femme afin de provoquer l’identification des spectatrices au modèle proposé. On leur présente alors un modèle magnifié mais accessible, contrairement à l’allégorie.

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Affiche pour le papier à cigarette JOB (1896), Mucha.

La représentation de la femme dans l’art ne cesse d’évoluer à cette époque, après avoir été allégorie jusqu’aux années 1830, elle est représentée par la suite comme un personnage réel. Les artistes s’inspirent,en effet, de modèles tel que les actrices de l’époque ou encore les danseuses de cabaret. Il y a une désacralisation de l’image féminineLes artistes ont envie de plus de réalisme. A tel point que certaines œuvres dérangent à cause d’un trop de réalisme. La sculpture de « La petite danseuse de 14 ans » d’Edgar Degas en est le symbole. Lors de sa première exposition en 1881 elle provoque la surprise et le scandale.

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       « La petite danseuse de 14 ans », 1881, Edgar Degas

Le réalisme vise à se rapprocher de la vie quotidienne et des réalités sociales de l’époque. Il n’apparaît donc pas uniquement dans la représentation d’artistes telles que les danseuses ou les actrices. Il se note aussi dans l’illustration d’une réalité quotidienne. L’artiste Honoré Daumier est l’un des artistes de l’époque qui met en scène la femme au travail dans ses œuvres. Les réalistes montrent souvent la souffrance et la pauvreté de l’époque comme dans « Le fardeau », oeuvre qui dépeint une vie de labeur comme certaines œuvres de Gustave Courbet (« L’angélus » ou encore « Les glaneuses »).

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                « Le fardeau », 1850-1853 H. Daumier

De l’allégorie à la condition humaine.

Voilà, c’est tout pour moi, je suis ravie d’avoir pu partager avec toi ce sujet que j’affectionne,

J’espère de tout cœur que mon article t’a intéressé. Si tu as des questions ou des remarques, je serais ravie de te lire ! :)

Je t’embrasse

A bientôt


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